Disparition – Eugène Saccomano, une voix de légende s’éteint

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PORTRAIT PUBLIÉ LE 18 AOÛT 2015 Il a crié, hurlé, roulé des « r » et des yeux, la bouche bien ronde, pendant plus de quarante ans rue François-Ier et rue Bayard, à Paris. Aujourd’hui, même s’il est monté en grade route de l’Empereur – à Rueil-Malmaison – où il vit, Eugène Saccomano, le pape du commentaire de foot d’Europe 1 puis RTL, a baissé d’un ton dans son pavillon de l’ouest parisien. À soixante-dix-huit ans (à l’époque en 2015), il prend la voix douce du papy du Sud pour s’assurer que sa petite-fille n’a besoin de rien au rez-de-chaussée. À l’étage, son bureau respire le livre plus que le foot. Il y a bien une affiche du Mondial 1982, à Saragosse, dédicacée par le dessinateur Folon et, pêle-mêle, des photos avec Jean-Luc Lagardère (l’ex-patron d’Europe 1), Michel Platini, Guillaume Durand ou Robert Chapatte. Tout le reste n’est que littérature, de Louis-Ferdinand Céline à Jean Giono, ses passions de toujours, en passant par ces « Américains, découverts assez tard », comme James Salter ou Philip Roth. Au début de l’été, le Gardois né à Marseille a embarqué dans la machine à remonter le temps. Il prépare un livre sur le destin tragique du joueur autrichien Matthias Sindelar, surnommé « le Mozart du football », disparu en 1939. Au cours de ses recherches, il vient de découvrir « dans un livre affreux sur les secrets des nazis que Reinhard Heydrich, l’homme de la solution finale, faisait ça uniquement pour son ambition personnelle et qu’il était escrimeur et violoniste… »« J’aime beaucoup aller flâner dans les librairies… Maintenant je ne fais plus qu’écrire », ajoute-t-il. « En pleine classe, je commentais des matches en imitant deux types qui m’impressionnaient à la radio, Georges Briquet et Bruno Delaye » Entre deux piles de bouquins à l’équilibre incertain, on aperçoit une boîte d’Euphon. Ces petites pastilles qui lui sauvaient la mise lorsqu’il était enroué renvoient à l’homme de radio qu’il a été. « Une fois, en revenant d’un match à Lens je me suis senti aphone. Je suis quand même allé voir un spécialiste qui soignait les chanteurs d’opéra. Il m’a donné des gouttes, deux jours après je commentais. Mais je n’ai jamais trop pris soin de ma voix. » Ce fils de boulanger a pourtant pris conscience très jeune de son pouvoir vocal. C’était en cours de maths au lycée de Nîmes, en 1951. Il a quinze ans quand il refait le match pour la première fois. « On avait un prof sourd comme un pot qu’on appelait Zozo. On lui demandait : ”Monsieur, est-c

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